{"id":656,"date":"2019-05-09T19:32:42","date_gmt":"2019-05-09T19:32:42","guid":{"rendered":"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/?p=656"},"modified":"2024-12-18T11:12:29","modified_gmt":"2024-12-18T11:12:29","slug":"lappareil-littoral","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/lappareil-littoral\/","title":{"rendered":"L&rsquo;appareil littoral"},"content":{"rendered":"\n<p>Le paysage \u00e9mane d\u2019une construction lente, intellectuelle mais aussi physique avec des travaux d&rsquo;am\u00e9nagement de grande ampleur. L\u2019observation de l\u2019histoire moderne de la gestion du trait de c\u00f4te dans le d\u00e9partement de la Charente-Maritime approche une partie de cette construction qui tient \u00e0 la fois du  \u00ab&nbsp;roman national&nbsp;\u00bb et de l\u2019histoire locale. Sur ces rivages bas, souvent gagn\u00e9s sur la mer, se c\u00f4toient encore aujourd\u2019hui deux politiques qui semblent s\u2019affronter&nbsp;: une tradition de lutte contre la mer qui a trouv\u00e9 un regain soudain en ce d\u00e9but de XXIe si\u00e8cle et l\u2019affirmation de la qualit\u00e9 des lieux dont l\u2019expression le plus avanc\u00e9e est la politique des sites. Au-del\u00e0 d\u2019une apparente opposition, ces deux politiques peuvent \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9es comme deux approches d\u2019un m\u00eame sujet&nbsp;: les mues successives du paysage. De plus, cette trajectoire historique, qui d\u00e9bute au milieu du XVIIIe si\u00e8cle, permet de projeter les \u00e9volutions pr\u00e9visibles du paysage littoral sous les effets cumulatifs du changement climatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce faire, Il faut distinguer sept s\u00e9quences historiques qui se chevauchent (fig. 1). Ensuite, cette analyse &#8211; qui \u00e9mane d\u2019un praticien dont le lecteur excusera le caract\u00e8re non acad\u00e9mique &#8211; explicitera le recours \u00e0 un  \u00ab&nbsp;appareil littoral&nbsp;\u00bb qui doit \u00eatre compris comme un mode constructif du paysage contemporain.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"585\" src=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig1-1024x585.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-676\" srcset=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig1-1024x585.jpg 1024w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig1-300x171.jpg 300w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig1-768x439.jpg 768w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig1.jpg 1654w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Fig. 1. Frise pr\u00e9sentant les 7 p\u00e9riodes du paysage littoral charentais (J. Richer, 2017).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"840\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig2-840x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-677\" srcset=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig2-840x1024.jpg 840w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig2-246x300.jpg 246w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig2-768x936.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px\" \/><figcaption>Fig. 2. Carte du d\u00e9partement de la Charente-Maritime localisant les lieux cit\u00e9s, sans \u00e9chelle (r\u00e9al. J. Richer, 2017).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Premi\u00e8re s\u00e9quence&nbsp;: un territoire de conqu\u00eate<\/h4>\n\n\n\n<p>Sur la c\u00f4te charentaise et depuis le premier mill\u00e9naire de notre \u00e8re, le rivage a \u00e9t\u00e9 convoit\u00e9 pour ses qualit\u00e9s productives successivement li\u00e9es \u00e0 la saliculture, \u00e0 l\u2019\u00e9levage, et maintenant \u00e0 l\u2019agriculture et \u00e0 la conchyliculture.<\/p>\n\n\n\n<p>La pold\u00e9risation d\u00e9bute certainement avant le Xe si\u00e8cle et se poursuivra jusqu\u2019au d\u00e9but du XIXe sous l\u2019impulsion initiale des abbayes rapidement relay\u00e9es par des propri\u00e9taires terriens. Les polders sont appel\u00e9s localement  \u00ab&nbsp;prises&nbsp;\u00bb (sur le continent) ou  \u00ab&nbsp;tannes&nbsp;\u00bb (sur l\u2019\u00cele d\u2019Ol\u00e9ron). Cette longue p\u00e9riode voit des conqu\u00eates sur la mer mais aussi des abandons r\u00e9guliers. Les conflits successifs qui ont embras\u00e9 la r\u00e9gion (la guerre de Cent Ans puis les guerres de Religion) ont conduit \u00e0 d\u2019importantes d\u00e9prises. Au XXVIIIe si\u00e8cle, la prosp\u00e9rit\u00e9 revenue permet de reprendre la conqu\u00eate progressive des terres basses. En observant, par exemple, les ass\u00e8chements r\u00e9alis\u00e9s entre 1773 et 1776 par le Sieur Chertemps de Seuil \u00e0 Charron (P\u00e9ret et Sauzeau, 2014), on constate que la partie ouest de la commune a \u00e9t\u00e9 conquise m\u00e9thodiquement sur la mer par la constitution de cellules cultivables de quelques hectares, prot\u00e9g\u00e9es par des digues en terre, appel\u00e9es localement lev\u00e9es. Ici comme pour toutes les terres basses des trois anciens golfes des Pictons (actuel marais poitevin), de Rochefort et de Saintonge (marais de Brouage) ainsi que celles des \u00eeles de R\u00e9 et d\u2019Ol\u00e9ron, ce sont des centaines d\u2019initiatives priv\u00e9es qui ont d\u00e9plac\u00e9 peu \u00e0 peu le trait de c\u00f4te.<\/p>\n\n\n\n<p>La Loi du 16 septembre 1807 relative au dess\u00e8chement des marais marque une nouvelle \u00e9tape dans la conqu\u00eate et le renforcement des d\u00e9fenses par un contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat sur les am\u00e9nagements r\u00e9alis\u00e9s. Le XIXe si\u00e8cle voit l\u2019ach\u00e8vement de la pold\u00e9risation charentaise. On peut citer comme exemple le village de La P\u00e9rotine (Commune de Saint-Pierre d\u2019Ol\u00e9ron)&nbsp;: une premi\u00e8re digue y est \u00e9difi\u00e9e en 1840 parall\u00e8lement au chenal pour former la Tanne de la P\u00e9rotine, puis 40 ans plus tard, une seconde digue est \u00e9difi\u00e9e parall\u00e8lement \u00e0 la premi\u00e8re, distante d\u2019une centaine de m\u00e8tres, pour cr\u00e9er la Tanne du Fort Royer. Il s\u2019agit l\u00e0 comme ailleurs d\u2019initiatives priv\u00e9es de petite envergure.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette premi\u00e8re s\u00e9quence se caract\u00e9rise par la cr\u00e9ation d\u2019un territoire pris sur la mer. Le regard que nous pouvons porter aujourd\u2019hui sur ce territoire est de l\u2019ordre du paysage culturel. L\u2019UNESCO en a donn\u00e9 une d\u00e9finition&nbsp;:  \u00ab&nbsp;ceux-ci pr\u00e9sentent les \u0153uvres conjugu\u00e9es de l&rsquo;\u00eatre humain et de la nature, ils expriment une longue et intime relation des peuples avec leur environnement&nbsp;\u00bb (Centre du patrimoine mondial, 2015). Ces paysages rel\u00e8vent de deux des trois cat\u00e9gories de paysage culturel&nbsp;: un paysage clairement d\u00e9fini et cr\u00e9\u00e9 intentionnellement par l\u2019homme puisque pris sur la mer par des am\u00e9nagements de g\u00e9nie rural et un paysage \u00e9volutif r\u00e9sultant d&rsquo;une exigence \u00e9conomique. Si la notion m\u00eame de paysage est ult\u00e9rieure \u00e0 ces conqu\u00eates, la d\u00e9finition d\u2019un paysage culturel s\u2019y applique r\u00e9trospectivement.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Seconde s\u00e9quence&nbsp;: la protection organis\u00e9e des terres basses<\/h4>\n\n\n\n<p>Au cours du XIXe si\u00e8cle, les lev\u00e9es de terre empiriquement \u00e9rig\u00e9es vont peu \u00e0 peu \u00eatre renforc\u00e9es par endroits par des ouvrages de g\u00e9nie civil. Cette s\u00e9quence commence pour le d\u00e9partement en 1854 avec la cr\u00e9ation de la digue du G\u00e9nie destin\u00e9e \u00e0 prot\u00e9ger le polder de l\u2019anse de l\u2019Aiguillon. La digue construite par l\u2019\u00c9tat aux Boucholeurs (Ch\u00e2telaillon) lui est contemporaine (1857). S\u2019ensuit un grand nombre d\u2019ouvrages ma\u00e7onn\u00e9s le long des c\u00f4tes les plus expos\u00e9es et leur entretien r\u00e9p\u00e9t\u00e9 jusqu\u2019en 1957. Cette s\u00e9quence avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une vaste entreprise nationale de fixation des dunes puisqu\u2019un d\u00e9cret imp\u00e9rial de 1810 l\u2019avait impos\u00e9 dans tous les d\u00e9partements littoraux. Ces plantations massives vont donner les for\u00eats littorales encore pr\u00e9sentes aujourd\u2019hui comme celle de Saint Trojan sur Ol\u00e9ron ou encore la for\u00eat de la Coubre. Ces deux types d\u2019intervention, l\u2019une de g\u00e9nie rural et l\u2019autre de g\u00e9nie civil, n\u2019ont plus pour but la conqu\u00eate mais la protection du littoral et la fixation du trait de c\u00f4te.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00eele de R\u00e9, partiellement pold\u00e9ris\u00e9e, fut un laboratoire de l\u2019endiguement. Prenons comme exemple les \u00e9tats connus de la digue du Boutillon longue de 716 m lin\u00e9aire (CG 17, 2012). La digue devait exister ant\u00e9rieurement mais sous la forme d\u2019une lev\u00e9e de bri (argile marine). La digue est achev\u00e9e avec un rev\u00eatement en moellons et mortier de chaux hydraulique en 1863. 1905 voit les premiers gros travaux de r\u00e9paration. En 1941 des murs de refend sont r\u00e9alis\u00e9s pour consolider l\u2019ouvrage. En 1944, des travaux de r\u00e9paration de la digue sont entrepris par b\u00e9tonnage du perr\u00e9. L\u2019ann\u00e9e 1948 voit la r\u00e9alisation d\u2019un talus en b\u00e9ton de protection \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de la digue. L&rsquo;entretien s\u2019acc\u00e9l\u00e8re avec des rempi\u00e9tements successifs en 1955 puis la mise en place de moellons de diorite et de palplanches anti-affouillement en 1958. Apr\u00e8s une derni\u00e8re intervention pour la sur\u00e9l\u00e9vation du parapet en 1965, il faut attendre 2012 pour d\u00e9cider la construction en lieu et place d\u2019une nouvelle digue qui a \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e en avril 2017 (fig. 3). Ici et comme pour les autres digues, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un entretien constant et le renforcement apr\u00e8s chaque temp\u00eate montrent que ces ouvrages, s\u2019ils sont p\u00e9rennes dans leur position, ne sont pas moins temporaires dans leur consistance.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"678\" src=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig3-1024x678.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-678\" srcset=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig3-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig3-300x199.jpg 300w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig3-768x509.jpg 768w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig3-1536x1017.jpg 1536w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig3-2048x1356.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Fig. 3. Digue du Boutillon sur l\u2019\u00eele de R\u00e9 (cl. J. Richer, 2017).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Sur cet ouvrage pr\u00e9cis\u00e9ment, on observe le renforcement en dimension et solidit\u00e9 sur une p\u00e9riode de 150 ans qui voit l&rsquo;affirmation tr\u00e8s nette du g\u00e9nie civil sur le g\u00e9nie rural. C\u2019est aussi le passage d\u2019un savoir local \u00e0 une comp\u00e9tence nationale avec l\u2019action pr\u00e9pond\u00e9rante des ing\u00e9nieurs de Ponts et Chauss\u00e9es. Cette p\u00e9riode voit l\u2019optimisation d\u2019un savoir consolid\u00e9 sur plusieurs si\u00e8cles o\u00f9 la conception d\u2019un r\u00e9seau hydraulique de canaux allait de pair avec celle des lev\u00e9es. Le r\u00f4le de la digue reste ambigu pour le paysage. L\u2019ouvrage de d\u00e9fense maintient le paysage culturel cr\u00e9\u00e9 tandis qu\u2019il s\u2019impose visuellement sur le rivage par son artificialisation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Troisi\u00e8me s\u00e9quence&nbsp;: l\u2019urbanisation littorale<\/h4>\n\n\n\n<p>Des implantations urbaines littorales anciennes existaient dans l\u2019actuelle Charente-Maritime sous la forme de ports et de villages de p\u00e9cheurs. Elles seront compl\u00e9t\u00e9es \u00e0 partir du XVIIe par les constructions li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9fense militaire de l\u2019arsenal de Rochefort. Mais il faudra attendre le XIXe si\u00e8cle pour conna\u00eetre une urbanisation littorale cons\u00e9quente. M\u00eame si la Charente-Maritime ne fait pas partie des hauts lieux des bains de mer, elle suivra cette trajectoire nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>La baln\u00e9arisation charentaise commence \u00e0 Royan avec la premi\u00e8re navette depuis Bordeaux du bateau \u00e0 vapeur La Garonne en 1818. Il faudra attendre la cr\u00e9ation de la ligne ferroviaire entre Rochefort et La Rochelle en 1873 pour d\u00e9velopper deux plus petites stations baln\u00e9aires que seront Fouras et Ch\u00e2telaillon. Cette premi\u00e8re phase d\u2019urbanisation s\u2019ach\u00e8ve avec la construction de la jet\u00e9e de Royan en 1899 qui confirme son statut de premi\u00e8re station baln\u00e9aire du d\u00e9partement. Cette m\u00eame p\u00e9riode voit l\u2019\u00e9mergence de la notion de paysage littoral. Les artistes qui ont rapidement fr\u00e9quent\u00e9 les stations baln\u00e9aires en compagnie du Tout-Paris ont livr\u00e9 des repr\u00e9sentations de la mer et de ses rivages sous forme litt\u00e9raire et picturale. C\u2019est alors le triomphe d\u2019une vision romantique du bord de mer, o\u00f9 le promeneur est en situation contemplative de la beaut\u00e9 de la nature. Tr\u00e8s vite, ce paysage devient une construction collective o\u00f9 l\u2019imaginaire baln\u00e9aire supplante la r\u00e9alit\u00e9 dans un basculement de paradigme qui perdure jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie du XXe si\u00e8cle voit une densification urbaine douce de la c\u00f4te autour des villages. Mais il faut attendre les Trente glorieuses pour d\u00e9marrer une p\u00e9riode d\u2019expansion urbaine au plus pr\u00e8s du rivage. La r\u00e9alisation embl\u00e9matique de cette \u00e9poque est La Palmyre, derni\u00e8re station baln\u00e9aire du d\u00e9partement, \u00e9difi\u00e9e ind\u00e9pendamment de village primitif des Mathes en 1960 (fig. 4). Elle cache en r\u00e9alit\u00e9 une urbanisation plus diffuse sur toute la fa\u00e7ade atlantique. \u00c0 partir de 1950, la r\u00e9alisation du port abri des Boucholeurs (Ch\u00e2telaillon), simple village de p\u00eacheurs, engage l&rsquo;urbanisation du pied du coteau par de petites r\u00e9sidences secondaires. C\u2019est ainsi pour pratiquement toutes les communes littorales du d\u00e9partement. Or, cette nouvelle occupation concerne essentiellement des terres basses qui sont souvent des zones humides. Sur l\u2019\u00eele d\u2019Aix, on note le doublement du nombre de logements (de 226 \u00e0 462 entre 1968 et 2009, source INSEE) essentiellement dans les zones potentiellement submersibles. Cette p\u00e9riode historique se finit brutalement en avril 2010 apr\u00e8s qu\u2019un certain nombre de ces poches r\u00e9cemment urbanis\u00e9es fut submerg\u00e9 et class\u00e9 en zones noires suite \u00e0 la temp\u00eate Xynthia.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"633\" src=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig4_b-1024x633.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-679\" srcset=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig4_b-1024x633.jpg 1024w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig4_b-300x185.jpg 300w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig4_b-768x475.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Fig. 4. Plage de La Palmyre, au bout de l&rsquo;avenue de l&rsquo;Oc\u00e9an, en ao\u00fbt&nbsp;1969 (auteur inconnu, Archives d\u00e9partementales de la Charente-Maritime, d\u00e9p\u00f4t 120\/237, 2 S1 et 2).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Sans toutefois avoir le caract\u00e8re massif de  \u00ab&nbsp;b\u00e9tonisation&nbsp;\u00bb que d\u2019autres d\u00e9partements ont connu, la caract\u00e9ristique principale de cette urbanisation va \u00eatre de flirter avec les risques avec d\u2019autant plus de facilit\u00e9 que la p\u00e9riode entre 1957 et 1996 verra une r\u00e9mission climatique sans temp\u00eate notoire. Cette s\u00e9quence est un n\u0153ud \u00e0 partir duquel deux branches vont bifurquer&nbsp;: l&rsquo;affirmation du paysage littoral issu d\u2019un imaginaire collectif et la n\u00e9cessaire protection de l\u2019urbanisation vuln\u00e9rable aux al\u00e9as de submersion.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Quatri\u00e8me s\u00e9quence&nbsp;: l&rsquo;affirmation du paysage<\/h4>\n\n\n\n<p>Les espaces littoraux, jusque-l\u00e0 per\u00e7us comme productifs, ont pris une nouvelle valeur paysag\u00e8re li\u00e9e au d\u00e9veloppement des bains de mer. La vision romantique est \u00e0 son tour d\u00e9pass\u00e9e par le d\u00e9veloppement de la photographie qui permet la repr\u00e9sentation m\u00e9canique du littoral pittoresque par le grand public.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion du paysage trouve une transcription r\u00e9glementaire dans la loi de 1906 qui marque une premi\u00e8re \u00e9tape pour la protection des paysages mais surtout celle de 1930 sur les sites. Un site class\u00e9 ou inscrit est un espace naturel ou une formation naturelle remarquable dont le caract\u00e8re historique, artistique, scientifique, l\u00e9gendaire ou pittoresque appelle la conservation en l\u2019\u00e9tat ainsi que la pr\u00e9servation de toutes atteintes graves. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une protection environnementale au sens de la pr\u00e9servation des milieux mais bien d\u2019une conservation paysag\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019aspect visuel de la nature des lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier site class\u00e9 dans le d\u00e9partement sera deux arbres (les Platanes du Roi de Rome) aux Mathes d\u00e8s 1932 puis le plan d&rsquo;eau d&rsquo;\u00e9chouage du vieux port de La Rochelle en 1933. La premi\u00e8re salve de classement s\u2019arr\u00eate avec le classement du bourg de Talmont et la promenade de la corniche \u00e0 Vaux sur Mer en 1939. Les proc\u00e9dures de classement reprennent apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale et s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent \u00e0 partir de 1967 avec des classements de grande ampleur&nbsp;: \u00cele d\u2019Ol\u00e9ron (1970), \u00cele d\u2019Aix (1970) et \u00cele de R\u00e9 (1979). Dans les ann\u00e9es 2000, le classement s\u2019attache surtout aux marais&nbsp;: marais poitevin (2003), ancien golfe de Saintonge \u2013 marais de Brouage (2011) et l&rsquo;estuaire de la Charente en 2013. Au total, 24 proc\u00e9dures de classement ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es sur le littoral charentais, ce qui en fait un des littoraux le plus prot\u00e9g\u00e9 de France au titre du paysage.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, au cours du XXe si\u00e8cle, le d\u00e9veloppement du tourisme de masse induit une nouvelle relation au territoire par des am\u00e9nagements&nbsp;: campings, centres de vacances, r\u00e9sidences secondaires, mais aussi am\u00e9nagements de front de mer et de plages plus ou moins artificielles. Le paysage y est supplant\u00e9 par un imaginaire baln\u00e9aire puissant qui peut aller jusqu\u2019au d\u00e9crochage entre le signifiant et le signifi\u00e9. Happ\u00e9 par la plage, l\u2019estivant ne remarque pas le d\u00e9sordre d\u2019une urbanisation peu contr\u00f4l\u00e9e. Tout cela \u00e9chappe au regard au profit des \u00e9l\u00e9ments dominants &#8211; \u00e0 la pr\u00e9sence quasi mythologique &#8211; que sont la mer, le ciel et le sable.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette urbanisation, qui n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 partir \u00e0 la conqu\u00eate des milieux naturels (fig. 5), ne doit sa limitation qu\u2019\u00e0 la pr\u00e9sence de protections environnementales et paysag\u00e8res. La p\u00e9riode de r\u00e9mission climatique des Trente glorieuses aura vu grandir la pression d\u00e9mographique et fonci\u00e8re sur le littoral avec une faible prise en compte de la Loi littoral (1986) entra\u00eenant souvent une urbanisation anarchique. Le retour des temp\u00eates provoqua une prise de conscience des risques naturels qui, crois\u00e9e avec l\u2019accroissement des protections environnementales et paysag\u00e8res et l\u2019application progressive de la Loi littoral, donne aux acteurs locaux l\u2019impression d\u2019un littoral tr\u00e8s contraint, pour ne pas dire vitrifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"633\" src=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig5_b-1024x633.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-680\" srcset=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig5_b-1024x633.jpg 1024w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig5_b-300x185.jpg 300w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig5_b-768x475.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Fig. 5. Saint Trojan sur l\u2019\u00eele d\u2019Ol\u00e9ron, (cl. Michel Bernard, 2015).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cinqui\u00e8me s\u00e9quence&nbsp;: la riposte<\/h4>\n\n\n\n<p>La p\u00e9riode de r\u00e9mission climatique de 1957 \u00e0 1996 a induit un manque d&rsquo;entretien s\u00e9rieux de digues du littoral charentais. Les temp\u00eates de 1999 vont se charger de r\u00e9veiller les consciences et de mettre en branle une riposte face aux al\u00e9as. Cette s\u00e9quence commence pr\u00e9cis\u00e9ment en 2002 avec la mise en place des premiers Plan de pr\u00e9vention des risques (PPRL devenus ensuite PPRN) ainsi que la mise en \u0153uvre des Programme d\u2019action de pr\u00e9vention des inondations (PAPI). Un vaste programme de reconstruction des digues commence en 2015 et il devrait s\u2019achever vers 2020 sous la ma\u00eetrise d\u2019ouvrage du Conseil d\u00e9partemental&nbsp;: les \u00e9tudes et travaux du Plan digues comprennent 137 op\u00e9rations pour un co\u00fbt total de 150 millions d\u2019euros. Cette s\u00e9quence en cours reprend les techniques d\u00e9velopp\u00e9es au cours du XXe si\u00e8cle avec un renforcement des rivages par enrochement, batardeaux, digues en retrait ou renforcements d\u2019ouvrage existant. Il faut observer dans ces travaux une modification importante du paysage du rivage. La diorite des enrochements, de couleur anthracite, tranche avec la g\u00e9ologie calcaire charentaise. Les batardeaux font appara\u00eetre des limites spatiales qui n\u2019existaient pas auparavant et les plus gros ouvrages s\u2019imposent dans le paysage, c\u00f4t\u00e9 terre comme c\u00f4t\u00e9 mer.<\/p>\n\n\n\n<p>Une partie de ces travaux font suite au rapport intitul\u00e9  \u00ab&nbsp;Expertise des zones de solidarit\u00e9 Xynthia en Charente-Maritime&nbsp;\u00bb (2012) du Commissariat g\u00e9n\u00e9ral au d\u00e9veloppement durable (CGEDD) d\u00e9pendant de l\u2019actuel Minist\u00e8re de la transition \u00e9cologique et solidaire, dont les conclusions allaient vers une d\u00e9fense accrue du littoral. Face \u00e0 l\u2019atteinte potentielle aux paysages que repr\u00e9sentaient ces projets de d\u00e9fenses c\u00f4ti\u00e8res dans les sites class\u00e9s, un guide m\u00e9thodologique a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 en 2017 par ce m\u00eame CGEDD. La conciliation entre deux exigences apparemment contradictoires provoque une r\u00e9ponse de compromis&nbsp;:  \u00ab&nbsp;L\u2019arriv\u00e9e de nouveaux ouvrages se doit d\u2019\u00eatre la plus int\u00e9gr\u00e9e possible. Dans tous les cas, il s\u2019agit de rechercher la meilleure coh\u00e9rence possible entre les caract\u00e9ristiques du site et la nature des ouvrages&nbsp;\u00bb (CGEDD, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis le XIXe si\u00e8cle, le lin\u00e9aire de digue n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019accro\u00eetre entre le doublement des prises laissant en terre des digues dormantes et plus r\u00e9cemment les extensions de protection des zones vuln\u00e9rables. Ces protections touchent tous les types de milieux&nbsp;: urbanis\u00e9s, naturels et agricoles. L\u2019\u00eele de R\u00e9 \u00e0 elle seule compte 11 km de digues. Les nombreux chantiers mis en \u0153uvre pour la prise en compte des risques littoraux risquent \u00e0 leur tour d\u2019affecter durablement les paysages et les milieux par le renforcement en hauteur et en robustesse des ouvrages existants et leur extension sur les zones non encore prot\u00e9g\u00e9es. L\u2019impact environnemental et paysager le plus grave r\u00e9side dans le fait que ces am\u00e9nagements rigidifient \u00e0 l\u2019exc\u00e8s le trait de c\u00f4te et l\u2019oblige \u00e0 une fixit\u00e9 artificielle alors m\u00eame que le rivage est un milieu naturellement mobile.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2017, deux politiques se font face, pourtant port\u00e9es par le m\u00eame minist\u00e8re&nbsp;: celle des risques et celle des paysages et de l\u2019environnement. Cette s\u00e9quence historique est tr\u00e8s int\u00e9ressante car elle questionne pr\u00e9cis\u00e9ment la nature du paysage entre pr\u00e9servation, pour emp\u00eacher des paysages de dispara\u00eetre par submersion, et atteintes visuelles des ouvrages de d\u00e9fenses.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sixi\u00e8me s\u00e9quence&nbsp;: le changement climatique<\/h4>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9chauffement climatique actuel a commenc\u00e9 au tout d\u00e9but de la r\u00e9volution industrielle, vers 1830. Son acc\u00e9l\u00e9ration progressive et ses effets sont connus par les conclusions du Groupe d&rsquo;experts intergouvernemental sur l&rsquo;\u00e9volution du climat (GIEC)&nbsp;: l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air et de l\u2019eau, l\u2019augmentation induite du niveau de la mer ou encore la recrudescence des \u00e9pisodes de chaleur intense. Il ressort des approfondissements r\u00e9gionaux (MEDCIE GSO, 2011 et Salles et Le Treut, 2017) quatre principaux enjeux pour le littoral charentais.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord l\u2019ad\u00e9quation entre ressource, demande et pr\u00e9servation de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. La mont\u00e9e du niveau de la mer pourrait s\u2019accompagner d\u2019un d\u00e9placement du biseau d\u2019eau sal\u00e9e entra\u00eenant la salinisation des nappes phr\u00e9atiques littorales. Mais c\u2019est surtout la baisse importante des pr\u00e9cipitations qui affectera durablement la ressource en eau en qualit\u00e9 et en quantit\u00e9. Cette rar\u00e9faction aura des cons\u00e9quences visibles sur les paysages littoraux tels que nous les connaissons, ne serait-ce qu\u2019en mati\u00e8re agricole.<\/p>\n\n\n\n<p>La principale cons\u00e9quence c\u00f4ti\u00e8re du changement climatique va \u00eatre l\u2019\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer avec une submersion possible d\u2019une partie du littoral, parfois en profondeur dans les terres basses, ainsi que l\u2019accroissement du risque de submersion marine temporaire. Il est possible que certaines terres conquises sur la mer durant les si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents soient reprises par celle-ci avec la perte d\u00e9finitive de certains paysages. Cet enjeu interroge en particulier la politique actuelle de renforcement des d\u00e9fenses c\u00f4ti\u00e8res&nbsp;: jusqu\u2019o\u00f9 arriverons-nous \u00e0 tenir la position actuelle du trait de c\u00f4te et quelles seront les zones qu\u2019il sera socialement acceptable de rendre \u00e0 la mer.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adaptation des productions marines appara\u00eet comme un enjeu \u00e9conomique et patrimonial. Le bassin conchylicole de la Charente-Maritime est le premier de France pour sa capacit\u00e9 de production d\u2019hu\u00eetres et de moules. \u00c0 la fois patrimoine mat\u00e9riel et culinaire, cette culture pourrait souffrir du r\u00e9chauffement des temp\u00e9ratures de l\u2019eau de mer et de ses cons\u00e9quences sanitaires. Implant\u00e9s au bord des terres conquises sur la mer, ses \u00e9tablissements auront \u00e0 souffrir d\u2019atteintes pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 la remise en cause de leur mode de production. De par sa sensibilit\u00e9 aux variations du climat et l\u2019\u00e9tablissement de sa production au plus pr\u00e8s du rivage, la conchyliculture se pose comme un \u00e9l\u00e9ment du paysage charentais mais aussi en sentinelle du changement climatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier enjeu concerne la transition touristique dans un d\u00e9partement parmi les premiers en termes de fr\u00e9quentation de touristes fran\u00e7ais. Or l\u2019offre touristique est fond\u00e9e sur des ressources d\u00e9pendantes du climat sur un littoral soumis aux risques c\u00f4tiers avec le risque de submersion des r\u00e9sidences secondaires et de loisirs tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans les zones les plus vuln\u00e9rables ou encore les conflits d\u2019usage autour de la ressource en eau. Mais, paradoxalement, la principale cons\u00e9quence de ce changement va \u00eatre l\u2019augmentation du potentiel touristique estival avec un allongement de la saison et un report pr\u00e9visible d\u2019affluence des plages m\u00e9diterran\u00e9ennes devenues caniculaires. La capacit\u00e9 d\u2019accueil de ces territoires sensibles devra \u00eatre d\u00e9finie au risque de voir certains milieux se d\u00e9grader sous l\u2019effet du pi\u00e9tinement.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Septi\u00e8me s\u00e9quence&nbsp;: l&rsquo;adaptation<\/h4>\n\n\n\n<p>Imm\u00e9diatement apr\u00e8s l\u2019\u00e9v\u00e8nement Xynthia, la DHUP a mandat\u00e9 un groupement dirig\u00e9 par l\u2019urbaniste Fran\u00e7ois Gr\u00e9ther pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019avenir de la c\u00f4te charentaise (Grether, 2012). Ce projet proposait la recomposition spatiale du littoral vuln\u00e9rable en s\u2019appuyant sur le d\u00e9veloppement d\u2019une trame paysag\u00e8re de grande \u00e9chelle pour red\u00e9ployer une urbanisation durable en conjuguant les trois syst\u00e8mes d\u2019organisation du littoral charentais&nbsp;: les \u00e9tendues d\u2019eau marine et d\u2019eaux douces, les espaces naturels et cultiv\u00e9s et enfin le r\u00e9seau urbain. La mise en \u0153uvre de ce projet global et progressif redonnait \u00e0 l\u2019eau son r\u00f4le majeur dans la structuration des projets.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 mal re\u00e7ue par les \u00e9lus locaux dans un climat de grande tension entre l\u2019\u00c9tat et les collectivit\u00e9s territoriales. Tenant compte de ce fait, les services d\u00e9concentr\u00e9s de l\u2019\u00c9tat ont mis en place des ateliers r\u00e9gionaux engageant une r\u00e9flexion partag\u00e9e sur le devenir des zones de solidarit\u00e9 (ZDS, anciennes zones noires car submerg\u00e9es par l\u2019\u00e9v\u00e8nement Xynthia) afin de trouver des solutions d\u2019am\u00e9nagements \u00e9volutifs int\u00e9grant les enjeux environnementaux, les risques et la fr\u00e9quentation saisonni\u00e8re. Les six \u00e9tudes (2012 &#8211; 2013) &#8211; confi\u00e9es \u00e0 un groupement pluridisciplinaire avec pour mandataire la paysagiste Julie Colin &#8211; ont conclu \u00e0 des renaturation de sites (Charron, Yves et Ch\u00e2telaillon), une reconstruction dunaire (Aytr\u00e9), \u00e0 la gestion des eaux pluviales et au ressuyage des submersions (Port des Barques), \u00e0 la reconstitution de plages int\u00e9grant des d\u00e9fenses douces (Fouras et l\u2019\u00cele d\u2019Aix) ou encore au r\u00e9am\u00e9nagement d\u2019espaces publics (Saint-Pierre et Saint Georges d\u2019Ol\u00e9ron). Les r\u00e9ponses de ces diff\u00e9rents ateliers sont fond\u00e9es sur des projets de paysage qui assurent une m\u00e9diation entre des probl\u00e9matiques divergentes comme les conflits d\u2019usage, la reconqu\u00eate environnementale et la protection des populations. Ils n\u2019ont eu que peu de suites op\u00e9rationnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Conservatoire du littoral &#8211; dont le si\u00e8ge est \u00e0 Rochefort sur Mer &#8211; est tr\u00e8s investi sur la question de l\u2019adaptation au changement climatique puisque 20&nbsp;% de ses sites seront susceptibles d\u2019\u00eatre fr\u00e9quemment submerg\u00e9s entre 2050 et 2100. Il a men\u00e9 diff\u00e9rentes \u00e9tudes pour int\u00e9grer les enjeux li\u00e9s au changement climatique dans les projets de territoire, exp\u00e9rimenter des syst\u00e8mes  \u00ab&nbsp;\u00e0 la fois terre et mer&nbsp;\u00bb et favoriser la naturalit\u00e9 des sites ou encore la gestion dynamique des \u00e9cosyst\u00e8mes tout en assurant la s\u00e9curit\u00e9 des populations (Conservatoire du littoral, 2011). Le projet Ad\u2019Apto qu\u2019il d\u00e9veloppe actuellement vise \u00e0 mettre en valeur une dizaine de d\u00e9marches locales d\u2019adaptation qui promeuvent une gestion souple du trait de c\u00f4te, lorsque cela est possible, en supprimant en partie les d\u00e9fenses c\u00f4ti\u00e8res pour permettre \u00e0 la mer de rentrer dans les terres.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces trois d\u00e9marches ont en commun une entr\u00e9e paysag\u00e8re, celle d\u2019un paysage \u00e9volutif qui devient en lui-m\u00eame projet. D\u2019autres \u00e9tudes d\u2019am\u00e9nagement sont en cours sur la Pointe de la Fum\u00e9e \u00e0 Fourras ou encore \u00e0 Port des barques. Par ailleurs, ce littoral a stimul\u00e9 de nombreuses \u00e9tudes universitaires d\u2019adaptation paysag\u00e8re au changement climatique. Le projet de paysage, s\u2019il demeure minoritaire dans les d\u00e9marches locales, offre une approche dynamique permettant de d\u00e9passer l\u2019opposition entre la d\u00e9fense du littoral et \u00e0 la conservation des sites.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"> \u00ab&nbsp;L\u2019appareil littoral&nbsp;\u00bb dans le projet de paysage<\/h4>\n\n\n\n<p>Plusieurs doctrines s\u2019affrontent aujourd\u2019hui&nbsp;: une clairement enracin\u00e9e dans l\u2019histoire qui consiste \u00e0 adapter apr\u00e8s chaque \u00e9v\u00e8nement les ouvrages c\u00f4tiers pour d\u00e9fendre les terres, une autre visant \u00e0 la conservation des paysages dans leur \u00e9tat actuel, et une derni\u00e8re en cours d\u2019\u00e9laboration, visant \u00e0 une gestion plus souple du trait de c\u00f4te o\u00f9 se m\u00ealent approche environnementale, paysag\u00e8re et recul de l\u2019urbanisation lorsque cela est possible. La d\u00e9finition d\u2019un appareil &#8211;  \u00ab&nbsp;ensemble d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui concourent au m\u00eame but en formant un tout&nbsp;\u00bb (Dictionnaire le Robert, 2017) &#8211; doit nous conduire \u00e0 envisager ces doctrines simultan\u00e9ment et non ind\u00e9pendamment comme aujourd\u2019hui. Les effets du changement climatique entra\u00eeneront des combinaisons locales d\u2019al\u00e9as \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 variable dans le temps. Ce constat impose de privil\u00e9gier une approche dynamique et syst\u00e9mique sur les territoires vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<p>Une triple \u00e9volution est observable sur les deux derniers si\u00e8cles. Premi\u00e8rement, le passage du g\u00e9nie rural (prises prot\u00e9g\u00e9es par des lev\u00e9es) au g\u00e9nie civil (les digues ma\u00e7onn\u00e9es) correspond \u00e0 une affirmation des ouvrages dans le paysage. Deuxi\u00e8mement, l\u2019urbanisation littorale a pris des risques importants en s\u2019implantant dans des zones vuln\u00e9rables. Enfin, nous pouvons observer les mues successives du paysage, d\u2019abord contemplatif (romantisme), r\u00e9glementaire (politique de classement des sites) et qui maintenant devient projet.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une enqu\u00eate r\u00e9cente (CRCNA, 2017), la chambre r\u00e9gionale des comptes a proc\u00e9d\u00e9 au contr\u00f4le d\u2019intercommunalit\u00e9s et de communes comprises entre La Rochelle et Biarritz pour s&rsquo;assurer qu\u2019elles avaient bien pris en compte le changement climatique et notamment la question du co\u00fbt financier li\u00e9 au recul du trait de c\u00f4te. La synth\u00e8se pointe le manque de coh\u00e9rence des politiques d\u2019urbanisme. Elle observe un manque de transfert de la comp\u00e9tence urbanisme vers les intercommunalit\u00e9s et un contournement de la loi littoral pour construire dans les espaces proches de la mer. Si des d\u00e9marches d\u2019adaptation existent, elles sont minoritaires \u00e0 ce jour mais des signaux faibles existent. Le pays de Marennes Ol\u00e9ron a \u00e9t\u00e9 laur\u00e9at d\u2019un appel \u00e0 manifestation d\u2019int\u00e9r\u00eat national pour l\u2019int\u00e9gration des risques littoraux dans les SCoT. Parall\u00e8lement, il \u00e9labore une Trame verte et bleue en pr\u00e9vision d\u2019un Plan paysage. Il faut voir dans cette conjonction &#8211; prise en compte d\u2019un p\u00e9rim\u00e8tre coh\u00e9rent et projet de paysage &#8211; un changement de pratique dans les politiques publiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affirmation locale des paysages culturels \u00e9volutifs dans les politiques publiques locales permettrait d\u2019orienter diff\u00e9remment les choses en provoquant un nouveau rapport dialectique entre la nature et l\u2019artifice. Dans un paysage fortement anthropis\u00e9, la digue n\u2019est qu\u2019un artifice de plus. L\u2019int\u00e9gration de la prise en compte des risques, de la pr\u00e9servation des paysages et de l\u2019organisation des usages au sein d\u2019un projet et sur un p\u00e9rim\u00e8tre coh\u00e9rent revient \u00e0 construire un appareil conceptuel propre \u00e0 s\u2019adapter au changement climatique. Il est possible que ses effets d\u00e9construisent rapidement un imaginaire baln\u00e9aire trop ang\u00e9lique et il est peu probable que nous nous satisfaisions des paysages de friches de la simple d\u00e9construction des espaces urbanis\u00e9s trop vuln\u00e9rables comme ce fut le cas apr\u00e8s la temp\u00eate Xynthia (fig. 6). La construction d\u2019un nouveau paysage devient d\u00e8s lors un projet en soi port\u00e9 par un  \u00ab&nbsp;appareil littoral&nbsp;\u00bb int\u00e9grateur.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig6-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-681\" srcset=\"https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig6-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig6-300x199.jpg 300w, https:\/\/tatataaaaa.com\/newklima\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/RICHER_Fig6-768x510.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Fig. 6. Deconstruction en Zone de solidarit\u00e9, Les Boucholeurs \u00e0 Ch\u00e2telaillon (cl. J. 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